GRB22 vignetteLe dimanche 9 octobre à 15h, un flash de lumière gamma très intense est apparu sur la voûte céleste. Il était si brillant qu'il saturait la plupart des détecteurs de rayons gamma à bord des satellites spatiaux. Il s'agit d'un sursaut gamma, GRB221009A, témoin d'un jet de matière se propageant à une vitesse proche de celle de la lumière, émis suite à l'effondrement d'une étoile très massive, devant produire un trou noir. C'était le sursaut gamma le plus brillant jamais détecté.

Rapidement, l'alerte était lancée par les satellites pour permettre une surveillance rapide de l'événement cosmique. Une heure plus tard, l'instrument X à bord du satellite Swift déterminait avec précision sa localisation. Antonio de Ugarte Postigo, chercheur CNRS, laboratoire Artemis (Université Côte d'Azur, Observatoire de la Côte d'Azur, CNRS) et l'équipe Stargate pointaient alors l'instrument X-shooter du VLT (ESO, Chili) et déterminait la distance : 1,9 milliard d'années-lumière ! Cela semble loin, mais c'est en fait l'un des sursauts gamma les plus proches jamais enregistrés, et c'est l'une des raisons pour lesquelles l'explosion était si brillante. En utilisant la distance et les mesures de flux de la source en multi-longueur d'onde, il est possible de calculer l'énergie dégagée lors de l'événement : ce n'était pas seulement l'un des sursauts gamma les plus proches, c'était aussi l'un des plus brillants de tous les temps.

Gamma-ray burst GRB 221009A in the X-ray range. Source : © NASA/Swift/A. Beardmore (University of Leicester)

Ces objets sont de parfaits laboratoires pour tester les limites de la physique extrême. Cependant, pour bien les comprendre, les astronomes doivent obtenir des données à toutes les longueurs d'onde. C'est pourquoi, pour  cet événement exceptionnellement énergique, une vaste communauté s'est mobilisée dimanche. Sarah Antier, astronome, laboratoire Artemis (Université Côte d'Azur, Observatoire de la Côte d'Azur, CNRS) a déclenché dès les premiers instants les observations dans le domaine visible du réseau de télescopes GRANDMA et du programme de science participative Kilonova-catcher. Par ailleurs, l'alerte était relayée à l'équipe du télescope C2PU, membre de GRANDMA par l'intermédiaire de Jean-Pierre Rivet, checheur CNRS au laboratoire Lagrange (Université Côte d'Azur, Observatoire de la Côte d'Azur, CNRS).

Antonio de Ugarte Postigo et Sarah Antier collectaient aussi des observations de la source avec le radiotélescope NOEMA installé près de Grenoble..Alors que les observations se poursuivent dans GRANDMA avec plus de 30 télescopes professionnels et amateurs impliqués, y compris des partenaires ukrainiens se rendant dans la banlieue de KieV pour faire fonctionner le télescope de l'observatoire de Lisnyky, ces scientifiques de l'OCA  utilisent désormais les télescopes les plus sensibles du monde pour rechercher la lumière naissante de la supernova.

En utilisant le télescope de 10.4m Grand Télescope des Canaries, Antonio de Ugarte Postigo vient d'annoncer la détection de la supernova  associée à GRB 221009A (https://gcn.gsfc.nasa.gov/gcn3/32800.gcn3). Ceci confirme donc que  le sursaut  a bien été produit par l'effondrement d'une étoile très massive. 

Liens vers les alertes

https://gcn.gsfc.nasa.gov/gcn3/32795.gcn3

https://gcn.gsfc.nasa.gov/gcn3/32676.gcn3

https://gcn.gsfc.nasa.gov/gcn3/32648.gcn3

(https://gcn.gsfc.nasa.gov/gcn3/32800.gcn3)

Contacts

Antonio de Ugarte Postigo - chercheur CNRS, laboratoire Artemis (Université Côte d'Azur, Observatoire de la Côte d'Azur, CNRS) -

Sarah Antier, astronome, laboratoire Artemis (Université Côte d'Azur, Observatoire de la Côte d'Azur, CNRS) -

Jean-Pierre Rivet, checheur CNRS au laboratoire Lagrange (Université Côte d'Azur, Observatoire de la Côte d'Azur, CNRS) -